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Kleine Trompetenmusik

Birgit Ulher: trumpet, radio, speaker, objects
Franz Hautzinger: trumpet

1. Firn (11:56)
2. Griesel (05:43)
3. Filz (05:52)
4. Eibisch (09:39)
5. Zuuf (11:24)


recorded by Gunnar Lettow at Ulher's flat in Hamburg on May 28th 2018
mixed and mastered by Boris Vogeler

Relative Pitch Records






Brian Olewnick

Birgit Ulher/Franz Hautzinger - Kleine Trompetenmusik (Relative Pitch). I've been a big fan of Birgit's playing for a number of years now, always very sensitive, always attuned to the subtlest variations of grain, pitch, volume and much more. All that's very much in evidence here with the equally adept Hautzinger on five penetrating tracks.

Brian Olewnick


Vital Weekly

While I am not sure if Mozart has anything to do with this, I do know there are two trumpet players at work here. Both players are major forces in the world of improvised music. Ulher (1961) uses the trumpet in combination with objects, radio and speakers and as such the trumpet becomes an entirely different instrument whereas Hautzinger (1963) has developed the quarter-tone trumpet and worked in the 'quiet' music scene for quite some time now. These two players go beyond the normal realm of a trumpet and in the five pieces recorded at Ulher's flat on May 28, 2018, this is easily heard. You may recognize the trumpet, surely, but it is embedded in something bigger and something quite different than just two people playing the trumpet in front of a microphone. They blow, whistle, sigh into the horn and the sound they produce with their mouths also plays an important role. Add to that the rattling of small objects by Ulher, the occasional switching of the radio channels and play that to inside of the instrument and you can imagine something else comes forward. This is, of course, improvised music but it is also something else; perhaps something you could call electro-acoustic music or even musique concrete, but then without all the tape manipulation. All of this, so I assume, is recorded in real-time and it is some very fascinating music. It veers from quiet and introspective to jubilant and hectic; from silence to almost noise, from minimally sustaining tones to a rapid succession of changing sounds. This is a highly varied release. Great stuff.

Frans de Waard, vitalweekly.net


Bad Alchemy

Es war nicht der kürzeste Weg, der in Ulhers Hamburger Wohnzimmer zusam­menführte, was so gut zusammenpasst wie sie und ihr Wiener Blutsbruder. Denn ihr schmaler Weg und die Schlängellinien des von seinem 'Emergency Individualism' und 'Musical Sensualism' geleiteten Burgenländers hätten sich bis ins Unendliche weiter so vergegnen können wie sein "Zong of se Boboolink" (mit Helge Hinteregger) und ihre "Air Mail" (mit Wolfgang Ritthoff), wie ihre intimen Momentaufnahmen und seine regenorches­tralen und zeitkratzerischen Schallfolien, sein Oriental Space und Poet Congress. Doch es gab schon Mazen Kerbaj als Schnittmenge und die mikrotonalen Korrespondenzen zwi­schen seinem "Gomberg" und ihrem "Scatter" oder "Matter Matters", seinen bruitistischen Vierteltönen und ihren bruitophilen, reduktionistischen. Nun sind ihre Timbres vereint zum Trompetendoppel wie er schon mit Kerbaj und sie mit Leonel Kaplan. Für Schmauch­spuren über 'Firn', ein körniges Gletschern, gepresstes Nuckeln, erregtes Schlabbern. Ein Phonogramm in mesozoischer Lautschrift aus engen, schnellen Kürzeln, impulsiv bloppenden, geschmierten und wieder gepressten und gestöhnten. Mit Dampfpfiffen aus sauroiden Nüstern, knarrenden, metallisch bebenden, im evolutionären Windkanal geschliffenen Lauten. Doch auch vokaleren, wehmütig stöhnenden Tönen in grieseliger und filziger Unwirtlichkeit, zwischen furzenden Schlammtöpfen oben, brodelnden Smokern unten. In dieser würgenden, erstickenden Atmosphäre gedeihen erst nur Röhrenwürmer und ganz unverwüstliche Keucher, säureresistente Faucher, Bruster und Zischer, die kleinlaute Sirenen einschüchtern. Luftblasen klacken und gackern, wenn Rüssel spotzen, Kehlen keuchen, Mäuler schnauben und murren, ist es schon spät geworden, Gaia büffelt Jura, frisst Kreide. Nur an Trompeten ist hier so wenig zu denken wie nur an Musik, um so mehr an was hätte aus uns werden können anstatt dessen, was aus uns geworden ist. [BA 106 rbd]

Rigo Dittmann, BA 106 rbd, badalchemy.de


Orynx-Improvsounds

Ce n’est pas le premier album de duo de trompettes que l’hambourgeoise Birgit Ulher a publié pour Relative Pitch : en 2015, nous avions eu droit à Stereo Trumpet avec Leonel Kaplan. Il faudrait trouver le temps pour comparer les deux albums. Celui-ci commence lentement en mode respiratoire avec une prise de son très rapprochée, chaque musicien, Frantz Hautzinger et Birgit Ulher occupant chacun un canal de la stéréo. Sous la pression des poumons et des joues, l’air s’échappe dans les tuyaux sans le chant précis de l’embouchure et se colore petit à petit de nuances infimes, bruits naturels produits par des procédés techniques alternatifs. Très vite, un dialogue de sonorités, de percussions buccales, d’effets de lèvres, crissements, déchirures, bourdonnements mouvants oscillent, s’interpénètrent, relaient leurs dynamiques. Un excellent point chez Ulher a toujours été l’aspect rythmique, une articulation spasmodique liée à un sens aigu du timing (Firn ). Il est ici partagé et tellement bien intégré au sein du duo que la performance individuelle et sa trace est complètement oblitérée au profit du travail collectif. Qui joue quoi ? On en n’a cure. L’écoute mutuelle de chaque geste, de chaque timbre est palpable, précise, vivace. Ce qui importe c’est la combinatoire des sonorités, des timbres, du bruitage, du souffle cru de l’air qui envahit l’espace auditif capté par les micros. Chaque pièce a son caractère propre, mais à l’intérieur de chacune d’elles, règne un emboîtement d’univers, de stases, de fragmentations du son, de contorsions de timbres, de grondements de machines, expressions de bruits blancs puis roses, bisous exacerbés. Le silence point au troisième morceau, Filz. Au fur et à mesure que leur musique se déroule et s’étend, se diversifie et évolue, on est surpris par son renouvellement constant au niveau des formes, alors qu’on perçoit un feedback permanent d’éléments sonores déjà exploités. La mise en place et l’agencement méticuleux des effets sonores est intense et les duettistes en sollicite toujours de nouveaux qui déniaisent de plus en plus l’oreille. Leur démarche est basée sur l’utilisation systématique de techniques étendues et bien des amateurs d’improvisation en sont curieux, voire friands parce que c’est d’avant-garde, etc… Mais au-delà de la curiosité, c’est surtout leur capacité à les étendre presqu’à l’infini et à en architecturer les éléments dans des formes et des paysages en constante mutation sans lassitude. Du grand art. Métaphysique des tubes ? Plutôt, dialectique des bruissements de l’air, dramaturgie buissonnière des embouchures, des lèvres, du froissement de la colonne d’air et une capacité narrative qui sublime leur esthétique dite « abstraite » et se révèle nourrie d’images et d’imaginaire. Une évidente réussite.

Jean-Michel van Schouwburg, orynx-improvandsounds.blogspot.com


Le son du grisli

On ne redira pas ici la longue expérience de Birgit Ulher ni celle de Franz Hautzinger en matière d’improvisation et de confection de bruits inattendus. L’invitation à jouer ensemble faite par la première au second augmente bien sûr et l’une et l’autre, mais les conforte surtout. A Hambourg, dans l’appartement d’Ulher, le 28 mai 2018, les deux trompettistes composent une musique « de peu » prête à rivaliser avec combien de grosse. La fenêtre est ouverte – qui permet aux oiseaux d’intervenir ici ou là dans l’échange – et avale les franches expressions une fois fait le tour de la pièce : notes extraites avec prudence, longues ou tremblantes ; alarmes autoritaires ou projections hasardeuses ; souffles brefs ou rafales imposantes. « Trompeter », dit Le Robert, est aussi « pousser son cri, en parlant de l’aigle. » Ulher et Hautzinger en sont ainsi deux de plus qui, de l’envolée à l’atterrissage, jouent d’orientations multiples et même de dérapages saisissants.

Guillaume Belhomme, Le son du grisli


His Voice

Zvukově snad ještě bohatší je nosič Kleine Trompetenmusik, kde je Birgit kumpánem rakouský trumpetista Franz Hautzinger. Ten otvírají šumivé profuky ve skladbě Firn, která evokuje namáhavý výstup na zledovatělou horu. Krůček po krůčku nás provází škvitoření, třepavé skřekoty, syčivé závany, blouznivé hvizdy až po smršťovitou vánici. Poryvy se střídají, až najednou nastane zklidnění, aby závěr vyplnilo dechové i rytmické cupitání i táhlé průvany a nakonec i jakási unaveně oslavná polnice. Následující Griesel začíná jako lament s čistým zvukem, který se však záhy zvrtne v chroptění až po zvuk jakési výlevky, a vše ústí do posmutněle sykavého klopotu. Ten se trochu přelévá do spojité nádoby pojmenované Filz, v níž však najdeme větší chvějivost a prolínají se tu táhlé upadající a mizející tóny s škvrkofukovzdechy a prskoty. Eibisch začíná jakoby rašením rostlinky a následně pokračuje jejím růstem, rozbalováním lístků a lapáním po vzduchu – inu Franz Hautzinger v sobě nezapře nadšeného pěstitele, i když konkrétně ibišek prý na jeho zahrádce není. Druhá část je fragmentárnější a ozývá se tu kníkání, mňouky, kapy i měňavé mikrosirény. Název finálního kusu Zuuf je Franzovým neologismem a vyjadřuje hyperabstraktní charakter jeho atmosféry, která je zprvu opět rozložena na mikročástice v podobě různých štěků a vzdechů a občas má stopově fujarovitý zvuk. V osmé minutě však nastupuje jasná tklivá trubka, k níž se přidá napočátku též čistě znějící druhá, aby se vše postupně propadlo opět do abstraktní vývěvy.

Petr Slabý, His Voice


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